Défi 2017 Défis

Défi 2017 : Ascension du Mont-Blanc

Cet article résume mon défi personnel 2017 partagé avec mes amis Jérémie Beclair et Jean-Luc Brun. Celui-ci s’est déroulé sur 3 jours du 4 au 7 juillet 2017. Une magnifique expérience !

Mardi 4 juillet, 2h30 du matin. Dans quelques heures, le réveil sonnera. Il faudra alors se lever du bon pied et rassembler toutes mes forces pour me lancer dans l’ascension du Mont-Blanc, 4810m, plus haut sommet d’Europe. Une ascension qui n’aura rien d’anodin pour moi n’ayant jamais marché plus de 5h dans une journée et n’ayant jamais gravi de hauts sommets. Rien d’insurmontable étant tout de même de nature sportive mais tout de même, un défi ambitieux qui me poussera forcément dans mes retranchements. 

Dans quelques heures, le top départ sera donné mais dans l’immédiat, ma préoccupation, c’est mon estomac. Pourquoi me fait-il des siennes à quelques heures du départ ? Aurais-je dû davantage me couvrir hier soir pour aller manger comme me l’avait sagement recommandé mon ami Jean-Luc ? Ai-je mangé quelque chose que je n’aurais pas dû ? Quoi qu’il en soit, j’accumule les aller-retours aux toilettes dans cette petite auberge à proximité de Chamonix et ne me met pas dans des conditions optimales pour débuter l’aventure.

Ci-dessous, notre petite auberge située à Argentière à quelques kilomètres de Chamonix.

Après un dernier passage aux toilettes, nous prenons la direction du téléphérique des Houches situé tout près de Chamonix. C’est le point de départ habituel du parcours « normal » de l’ascension, celui qu’empruntent chaque année des centaines d’alpinistes. Celui-ci nous amènera jusqu’à une petite gare d’où nous prendrons un petit train qui nous déposera jusqu’au Nid d’aigle, à 2.400m d’altitude, d’où pourront débuter les choses sérieuses.

Depuis l’aiguille du Midi, sommet à 3.800m, que visitent chaque jour de nombreux touristes y accédant par téléphérique, le Mont-Blanc, situé environ 1000m plus haut peut paraître une ascension assez facile. Mais il ne faut pas s’y méprendre : Chaque année, l’ascension entraîne la mort d’une dizaine d’alpinistes (principalement à cause de l’altitude et du passage dangereux du couloir du goûter – voir plus loin) et le sauvetage par hélicoptère de centaines. Le Mont-Blanc se mérite. Une préparation adéquate est nécessaire tant au niveau du cardio, de la forme physique en général que de l’acclimatation à l’altitude.

De mon côté, la préparation fut importante mais, je m’en rendrai compte plus tard, pas assez intense. Habitant dans le département des Alpes-Maritimes, j’ai la chance d’avoir des montagnes, certes à basse-altitude, à proximité. J’y ai donc fait quelques randonnées accompagnées de courses régulières dans le parc situé près de chez moi et de football 1 à 2 fois par semaine. J’ai également eu, avec mes compères, une journée de formation au Glacier Blanc dans le Massif des Ecrins dans les Hautes-Alpes, à l’utilisation de piolets, de crampons et de baudrier : Autant d’outils que je n’ai jamais utilisés dans ma vie.

« Terminus, tout le monde descend ». Le Nid d’Aigle se présente à nous. La vue offerte nous éblouit déjà. « Ce n’est rien, la vue de tout en haut sera encore bien plus magique » nous dit en rigolant un Monsieur d’un certain âge ayant déjà fait l’ascension. « Bon courage. Et surtout, si vous avez la tête qui tourne ou si vous vomissez, n’insistez pas, redescendez vite. Ne mettez pas votre vie en danger bêtement. S’il vous faut refaire l’ascension, et bien vous la referez, rien de bien grave ! »

La vue depuis le nid d’Aigle

Jean-Luc, Jérémie et moi sommes certes tous les 3 assez sportifs mais aucun de nous 3 n’est expérimenté dans l’ascension de sommets. Vu qu’en général, il est recommandé d’avoir 1 guide pour 2 personnes, nous ferons l’ascension accompagné de Julien Loste, guide de haute montagne certifié ayant déjà fait une quinzaine de fois l’ascension du Mont-Blanc, ami de Jérémie, et de Angèle Lemasson, belle-soeur de Jérémie, qui n’a jamais fait l’ascension du Mont-Blanc mais qui dispose d’un brevet d’État d’Alpinisme. 2 personnes expérimentées.

Pour les non-initiés, l’ascension du Mont-Blanc se fait généralement en 2 ou 3 jours. Il est possible de le faire en 1 journée pour les grands sportifs et en 4 pour les plus lents. Nous avons choisi l’option 3 jours avec une première nuit dans le refuge de la Tête Rousse situé à 3167m puis une deuxième nuit dans le célèbre refuge du goûter, récemment rénové.

« Aujourd’hui sera une journée tranquille. Il faut compter entre 2h30 et 3h de marche pour rejoindre le refuge de la Tête Rousse. Aucune difficulté particulière à signaler. Gardez vos forces pour demain qui sera la grosse journée » nous dit Julien.

Débuter par un échauffement me va bien. La marche débute sur un sol rocailleux. Régulièrement, nous croisons la route de marmottes et de bouquetins se déplaçant parfois en famille. Le soleil brille, les jambes sont bonnes, l’environnement est magnifique. La vie est belle ! Seule ombre au tableau : Mes crampes abdominales qui ne me lâchent pas mais je m’efforce de ne pas y penser pour profiter de l’instant.

Le refuge de la Tête Rousse reçoit chaque soir environ 70 personnes. Tout le monde y est entassé dans des lits superposés et mange le menu du jour composé aujourd’hui d’une soupe puis de porc et de pommes de terre. Aucun accès à l’eau potable ni à l’électricité. Une bouteille d’eau d’1,5 L ou une bière de 33cl coûtent ici 6 Euros, hélitreuillage oblige.

A 19h, la moitié du refuge est déjà au lit. De notre côté, nous faisons figure de couche-tard en poussant jusqu’à 20h30 avec un petit scrabble.

12h de marche nous attendent le lendemain avec un dénivelé positif de 1643m sur la neige. Nous le savons tous, il va falloir être en forme pour arriver tout en haut du sommet. Bien se reposer est indispensable. Mais s’endormir à 21h n’est pas chose aisée quand on est habitué à se coucher tard. Puis vers 1h du matin commencent les réveils des uns et des autres qui se préparent chacun avec sa lampe frontale. Dormir m’est très difficile d’autant plus que mes crampes abdominales redoublent d’intensité.

Il est 4h, l’heure de se lever pour nous. « Pfff, j’ai quasi pas fermé l’oeil de la nuit. C’est pas possible tous ces gens qui se lèvent les uns après les autres » me disent en cœur Jérémie et Jean-Luc qui auraient eux aussi préféré débuter cette grosse journée sans avoir de grosses cernes sous les yeux.

Les conditions pour se préparer le matin me rappellent celles vécues à maintes reprises lors de mon tour du monde : Pas de lumière, pas d’eau pour se laver les dents ou se rafraichir, un froid de canard nous faisant oublier le short et les tennis de la veille et nous obligeant à mieux nous vêtir.

« Aujourd’hui, chaussures de randonnées avec crampons, casques, encordage et piolets à disposition » nous dit Julien alors que nous sortons du refuge et croisons toutes les tentes de ceux n’ayant pu avoir de place dans le refuge ou préférant dormir dehors.

La neige est à présent bien présente. Elle ne nous quittera plus jusqu’au sommet. Marcher avec des crampons n’est pas une mince affaire et il convient de faire attention à ne pas s’emmêler les crampons, une chute pourrait avoir de graves conséquences. C’était l’une des recommandations principales de mon grand frère, de 10 ans mon aîné, qui avait lui aussi fait cette ascension et qui avait chuté, rattrapé de justesse par son guide au piolet.

J’entame cette grosse journée avec un mélange d’excitation et d’appréhension. Marcher la nuit avec une lampe frontale. Voir au loin les lumières d’autres alpinistes qui nous montrent la voie à suivre. Faire attention à chacun de mes pas pour éviter la glissade. Autant d’aspects provoquant en moi un grand plaisir, celui de vivre une nouvelle expérience peu ordinaire. J’aime la découverte de nouveaux environnements. Tout en haut de la montagne, le refuge du goûter, celui qui nous accueillera ce soir à notre retour du sommet. Nous y ferons une petite pause à l’aller.

Le fameux « couloir du goûter » pointe le bout de son nez. Avant de débuter la préparation, je n’avais jamais entendu parler de ce couloir. Et pourtant, dès mon premier post Facebook annonçant ma volonté de gravir le Mont-Blanc, plusieurs remarques y faisaient référence. « Ne pas sous-estimer le couloir du goûter. 2 de mes amis, pourtant alpinistes confirmés, y ont perdu la vie » me dit Robert Grimont, l’un de mes amis. Ces 20 dernières années, une centaine de personnes y ont laissé la vie. Chaque jour, des pierres, plus ou moins grosses tombent, des chutes souvent provoquées par d’autres alpinistes plus haut. Ces derniers jours encore, un autrichien de 65 ans et un coréen de 35 ans sont tombés au moment de traverser le couloir à cause de pierres. De notre côté, aucune pierre à l’horizon à l’aller. La traversée se fait tranquillement.

Traversée du couloir du goûter – photo prise au retour

Débute alors la partie escalade de l’ascension. 2h à monter souvent à la force des bras, parfois à l’aide de cordes en métal accompagnant la montée. Une étape particulièrement physique pour rejoindre le refuge du goûter. Faux pas interdit, la chute nous emmènerait à vitesse grand V plusieurs centaines de mètres plus bas.

Direction le refuge du goûter… Il est environ 6h30 du matin. J’ai connu des matinées plus tranquilles…

Le refuge du goûter se présente à nous. Déjà 3h30 heures que nous marchons sur la neige depuis ce matin. Les jambes commencent à devenir lourdes. Je sais qu’en terme de temps, nous n’avons pas fait la moitié, mais en terme de difficulté ? Je pose la question à quelqu’un qui redescend pour me rassurer :

  • Moi : « Dites-moi Monsieur, est-ce qu’on a fait le plus dur en arrivant ici ?« 
  • Lui : « Vous rigolez, le plus dur commence... »

Guère rassuré par cette réponse, je m’en vais faire une petite pause au refuge du goûter avant d’entamer la partie la plus difficile. A l’inverse du refuge de la Tête Rousse, il y a ici des prises électriques pour recharger mon portable. J’envoie un petit mot à mes proches pour les rassurer. Une bouteille isotherme avec de l’eau chaude est également mise à disposition pour ceux de passage. J’en bois un verre et me rappelle à ma traversée de la Chine où l’eau chaude était la boisson qui m’était sans cesse proposée pour me réchauffer. Guère appétissant mais efficace.

Photos ci-dessous du refuge du goûter vu d’en bas et d’à-côté.

La pause terminée, le dôme du goûter se présente à nous. L’impression de grimper une grande piste de ski rouge, parfois noire. Le genre de piste que je regarde en général tranquillement installé dans un télésiège en chantant tel Jean-Claude Duss dans les bronzés font du ski « Quand te reverrais-je ? Pays merveilleux... ». Aucune chanson dans l’immédiat mais de la concentration. Cette montée est particulièrement fatigante aussi bien physiquement que mentalement. Un pas après l’autre et l’impression de ne pas avancer… et toujours ces crampes d’estomac qui ne me lâchent pas…

La montée du dôme du goûter… longue et fatigante…

« Nous allons bientôt passer au-dessus des 4000m, personne n’a la tête qui tourne ? » Julien s’enquière de la forme physique de ses troupes. Coup de chance, aucun de nous ne ressent le mal des montagnes. Tout le monde s’acclimate très bien à la haute altitude, chose qui n’était pas gagnée d’avance. 70% des gens qui réussissent le Mont Blanc ont le mal aigu des montagnes. Aucun de nous ne l’aura eu, juste un petit mal de tête sur le retour pour Jean-Luc. En cas de problème, des caissons de décompression existent dans le refuge du goûter et dans le refuge Vallaud à 4350m. Une sorte de grand sac de couchage dans lequel il faut rester une bonne heure pour donner à son corps l’impression de redescendre de 3000m. On n’arrête pas le progrès… A noter que le risque d’œdème cérébral ou pulmonaire est sérieux. Si un alpiniste commence à le ressentir, il faut redescendre en urgence. Si ce n’est pas le cas, la victime décède une fois sur 2 !

Le refuge Vallaud, le voici. Construit en 1890 par Joseph Vallaud, il était pendant longtemps le plus haut observatoire du monde. Nous n’y rentrons pas mais à l’extérieur de celui-ci, Jean-Luc, encordé avec moi, et Angèle, la belle-soeur de Jérémie, s’interrogent sur ma capacité à aller au bout. Quelques pas de travers dus à des déconcentrations passagères et mes crampes d’estomac leur donnent l’impression que je n’ai plus la lucidité nécessaire pour aller au bout. La fatigue est en effet bien réelle et mes jambes sont bien lourdes. Rien cependant pour entamer ma détermination. Je suis certes le moins en forme des 5 mais me sens tout à fait lucide et prêt à affronter la dernière ligne droite. Je regrette cependant tous ces repas où je terminais l’assiette de mes enfants ne supportant pas le gaspillage. Mon corps est trop lourd, près d’un dixième de tonne à transporter… A noter qu’à 4000m, on n’a plus que 70% de ses capacités physiques. A 8000m, plus que 20%…

La lucidité, c’est en effet une chose importante pour la dernière partie. L’oxygène y est rare et nous marchons régulièrement sur des arêtes de montagnes particulièrement pentues. Je ne regarde presque plus que mes pieds. Un pas, une respiration. Un autre pas, une autre respiration. Les chemins sont particulièrement étroits et croiser un alpiniste sur le retour est parfois synonyme de danger tant il n’y a pas la place pour 2. Je fais très attention où je mets les pieds. Je pense à ma fille Ana-Laura à qui j’ai promis d’aller au Playmobil park au sud de Paris quelques jours après. Je ne peux pas la décevoir…

Le sommet se rapproche…

Avant de partir, on m’avait promis l’autoroute pour la montée me faisant savoir que tout le monde souhaite faire l’ascension en juillet ou en août. Il n’en est rien. Même si nous croisions de temps à autres d’autres alpinistes, je n’ai jamais ressenti cette impression qu’il y avait trop de monde.

Les derniers mètres avant le sommet se font dans l’enchantement, proche de la béatitude, devant tant de beauté s’offrant à nos yeux. 360 degrés d’émerveillement. 360 degrés de montagnes, parfois enneigées, parfois non, paraissant toutes petites depuis tout en haut. Mes jambes sont très lourdes mais mon cœur est léger. Quelle chance de profiter d’un tel panorama !

La marche sur les arêtes, un moment magnifique !

Le sommet pointe le bout de son nez. Nous l’atteignons à la mi-journée sous un soleil accompagné de quelques nuages. Une grande joie s’empare de nous. Le genre de joie que l’on ressent après s’être donné à fond, après être allé au bout de ses forces, après avoir réussi un challenge personnel. Je me laisse aller à un grand cri de joie dans l’immensité des Alpes résonnant indéfiniment…

Sur le toit de l’Europe avec les couleurs de TWAM
La vue depuis le sommet. 360 degrés d’émerveillement !

Nous restons une vingtaine de minutes au sommet pour profiter du moment présent. Nous sommes émerveillés par le décor offert et tout simplement heureux. Nous partageons l’instant via un petit Facebook live avec nos amis, via quelques photos souvenir et avec 7 autres personnes arrivées, elles aussi, tout en haut. Parmi elles figurent deux jeunes de 16 ans souffrant de troubles comportementaux ayant pris part à un défi osé organisé par une ville dont j’ai oublié le nom. Après 1 an de préparation, il devaient être 5 jeunes à arriver au bout, c’était un projet important pour eux. 2 sont arrivés à destination, les autres ont abandonné en route. Chapeau !

Avant de débuter la descente, un hélicoptère remplit de touristes vient nous rendre visite juste au-dessus de nos têtes. On nous fait des pouces en l’air et des signes de la main, façon de souhaiter bon courage pour la suite. Les Dieux de la montagne sont à nos côtés, le soleil rend le blanc de la neige d’une pureté et d’une clarté indescriptible rendant les lunettes de soleil indispensables. Mais soudain, un grand nuage s’abat sur nous. Pendant quelques minutes, perchés sur l’arête d’une montagne, nous ne voyons quasiment plus rien. Un petit moment d’angoisse nous rappelant qu’au Mont-Blanc, les conditions météo peuvent changer d’une minute à l’autre. Côté température, nous avons perdu environ 1 degré tous les 150m si bien qu’il faisait environ -5 degrés au sommet. En hiver, la température peut descendre à -40 degrés. Il est, à ce moment-là, semble-t-il, possible de redescendre en ski.

Pas de ski nous concernant mais une descente plus rapide et moins difficile que la montée. Mise à part quelques ampoules et des pierres à éviter lors de la traversée du couloir du goûter, cette descente s’est faite sans difficulté majeure. Quelques photos ci-dessous prises au refuge du goûter et lors de la descente.

Début de la descente
Petit plat entre le refuge Vallaud et le dôme du goûter

Le défi 2017 est à présent terminé. Même si j’en ai pas mal bavé, je garderai d’excellents souvenirs de cette ascension. Est-ce que celle-ci m’a donné envie d’en faire d’autres dans le futur ? Pas vraiment. Je crois que j’ai eu ma dose d’alpinisme pour un moment. Il y a tant d’autres choses à faire et à découvrir que j’aime changer de défi chaque année… La décision pour le défi 2018 n’est pas encore prise…

En attendant, un petit jacuzzi pour se détendre…

Un jacuzzi des plus appréciés après l’ascension…

2 Comments

Click here to post a comment

  • C’est chouette et sûrement gratifiant mais ce genre d’ascension, pratiquée par des masses de personnes représente aujourd’hui une catastrophe écologique.
    La planète souffre de ces hordes qui viennent perturber les équilibres.

  • Merci pour ce commentaire. C’est une question que je m’étais posée avant de partir à savoir l’impact qu’aurait cette ascension sur l’environnement. Personnellement, je n’ai vu aucun déchet sur tout le parcours, les gens faisant très attention à les ramener. Dans les auberges, il est encouragé de ne pas laisser de déchet. Ceux qui restent sont rapatriés par hélicoptère. Je n’ai personnellement pas vraiment ressenti « la catastrophe écologique » liée à l’ascension du Mont-Blanc mais peut-être y-a-t-il des éléments que je ne connais pas. Au plaisir !

Restons en contact !

  • widgetfb.jpg
twitterlinkedinyoutubeinstagramtwitterlinkedinyoutubeinstagram

TWAM

  • widget2bis.jpg

Des réductions

  • widget3.jpg

Recevez la newsletter trimestrielle !