Aspects pratiques

Aspects pratiques 2 : A emporter

Gardant un souvenir douloureux de mon bagage trop lourd sur les routes finlandaises ou bulgares lors de mon tour d’Europe en stop et du besoin perpétuel d’un petit sac pour visiter les villes, j’ai opté au départ de ce tour du monde pour les deux mini-sacs ci-dessous :

Mes deux fidèles compères

Le premier contenait quelques vêtements, juste assez pour rester propre huit jours. L’autre, plus petit et porté à l’avant, rassemblait mon matériel photo et vidéo, mon ordinateur ainsi que les documents importants : LE sac à ne pas perdre. Ce dernier restait toujours avec moi tandis que l’autre allait dans le coffre des véhicules qui m’embarquaient.

Ce sac à l’arrière est arrivé décoloré, imprégné de toute la poussière du monde, de toutes les particules de souvenirs collectées au gré du vent. Il a été mon plus fidèle compagnon de route 5 années durant, bravant des températures allant de – 42 à + 48 degrés, traversant cinquante-neuf pays à travers tous les continents du monde, entrant dans plus de 1.300 véhicules, se retrouvant souvent coincé au milieu de nombreux autres sacs, sur des toits, sous mes pieds. Il s’est retrouvé nombre de fois sous mes fesses au bord des chemins, dans l’eau dans un port des Marquises. Il a fait office d’oreiller une bonne centaine de fois et fut sur le point de mourir à de nombreuses reprises, trouvant toujours une âme charitable prêt à lui donner une espérance de vie un peu plus longue. Ce sac gardera une place spéciale pour moi.

L’autre à l’avant fut lui changé à plusieurs reprises. Ci-dessous, une photo prise au bord de la route au Brésil montrant mon premier sac :

Stop au Brésil

Avant mon départ, ayant tout de même peur de me retrouver seul au milieu de nulle part sans logement, j’avais décidé d’emmener la tente ci-dessous :

Ma tente

Mais celle-ci s’est rapidement avérée assez peu utile et surtout trop lourde. Résultat : je l’ai laissée au Brésil après 5 mois de voyage et me suis laissé emporter par un désir de liberté encore plus grand, faisant confiance au destin pour me trouver de nouveaux lits à chaque nuit.

Voyager léger m’a beaucoup enseigné. Cela m’a poussé tout d’abord à régulièrement me poser la question la plus importante : de quoi ai-je réellement besoin ? A plusieurs reprises, j’ai délesté mon sac d’objets dont je n’avais pas une grande utilité pour ne garder que l’essentiel.

Qu’il est doux, de temps en temps, de se remémorer qu’il est possible d’être heureux avec très peu ! Je trouve rassurante l’idée que s’il devait y avoir un événement fâcheux dans ma vie ou dans la société, grave crise politico-économique ou autre, je pourrais parfaitement m’adapter à un style de vie des plus basiques.

Dès le départ, j’avais fait le choix de me dépouiller d’un certain confort. A l’heure où il suffit de tourner un bouton pour bénéficier de la chaleur, la lumière ou l’eau, je ressentais cette nécessité perverse d’avoir « envie d’avoir envie », d’avoir vécu le manque pour mieux apprécier ce que je possède. Cela ne constitue en rien un éloge de la pauvreté, ni un rejet du matérialisme, mais simplement un moyen de distinguer l’essentiel du superflu, d’apprendre à me resituer. Le voyage en stop, par le dénuement qu’il implique, permet d’en revenir à ces valeurs basiques et fondamentales. Il m’impose un tri sévère, des choix rigoureux.

Parmi les affaires présentes à l’intérieur de mes sacs au départ de mon tour du monde figuraient les éléments suivants. Tous n’ont pas survécu la totalité du périple.

Sac de couchage : Ce petit sac de couchage m’a accompagné pendant la première moitié de mon périple jusqu’à ce que le perde dans le nord du Mexique. Il était pourtant parfait : pratique, chaud mais surtout peu encombrant comme cela est visible sur la photo aux côtés d’une bouteille de coca. A l’image de la tante, j’ai tout de même pu me débrouiller sans trop de problème sans ce sac de couchage durant la seconde partie de mon périple.

Sac de couchage

Les outils pratiques : Les outils ci-dessous étaient avec moi avant le départ : un couteau suisse, un adaptateur, des cartes de visite, une petite lampe, un marqueur et une couverture de survie. Le couteau suisse a rapidement été perdu et ne m’a pas manqué. L’adaptateur m’a été très utile. Les cartes de visite m’ont évité des centaines, voire des milliers, de bouts de papier sur lesquels il m’eut fallu écrire mon adresse. La petite lampe m’a également vite quittée sans conséquence. La couverture de survie m’a suivi tout au long de mon parcours, mais sans besoin d’utilisation fort heureusement malgré des nuits très froides où je n’ai jamais vraiment pensé à l’utiliser…

Outils

L’indispensable : Comme les autres photos ci-dessus, celle-ci-dessous fut prise avant mon départ. Tous ces éléments furent en effet indispensables à l’exception des traveler’s chèques, trop chers et pas si indispensables à mon goût.

Banane

Trousse de survie : C’est ma mère qui a insisté pour que j’emporte toutes sortes de médicaments dans une trousse de survie, au cas où la maladie devait me rattraper. Fort heureusement, mes différents problèmes de santé ne furent que basiques et j’ai pu me permettre de me séparer progressivement de nombreux médicaments peu utiles. Trouver des médicaments n’est souvent pas un grand problème dans les grandes villes du monde. Il ne sert donc pas à grand-chose d’apporter une tonne de médicaments. Ci-dessous, ma trousse de survie au départ de ce tour du monde avec notamment les pilules pour le paludisme que je n’ai finalement jamais utilisé (les effets secondaires de ces médicaments sont souvent assez peu agréables et ceux-ci ne couvrent de toute façon pas à 100% contre la maladie).

Trousse de survie

T-shirt : Ci-dessous, le T-shirt de mon tour du monde qui m’a suivi pendant un moment.

T-shirt

Les éléments vraiment très pratiques :

S’il y avait 3 conseils que je pourrais donner à des futurs globe-stoppers sur les choses à emporter, ce serait les suivants :

– La carte du trajet plastifiée : Celle-ci, réalisée bien sûr en plusieurs exemplaires, m’a suivi 5 années durant. C’est elle que je montrais en priorité aux chauffeurs faisant le plein d’essence dans les stations services cherchant à me faire embarquer. C’est elle que tous les gens que je rencontrais essayaient de comprendre. Elle fut un compagnon de voyage indispensable, un gage de crédibilité, une source de référence constante.

La carte du trajet plastifiée

– Le classeur photos / articles : Faire un tour du monde en stop, c’est rencontrer chaque jour des dizaines de personnes cherchant à en savoir davantage sur votre périple. Après quelques mois de voyage, une idée lumineuse m’est venue à l’esprit : Celle de créer un classeur regroupant certaines de mes photos les plus parlantes, des cartes par continent plus détaillées, des articles de presse publiés dans les médias locaux. Au fil des kilomètres parcourus, ce classeur s’est imposé comme un outil indispensable, permettant à tous ceux qui m’invitaient pour une nuit, un trajet ou un café de mieux vivre mon tour du monde. Je recommande vivement cet outil à quelconque futur voyageur. Quelques photos d’illustration ci-dessous :

Classeur regroupant certaines de mes photos les plus parlantes, des cartes par continent plus détaillées, des articles de presse publiés dans les médias locauxClasseur regroupant certaines de mes photos les plus parlantes, des cartes par continent plus détaillées, des articles de presse publiés dans les médias locauxClasseur regroupant certaines de mes photos les plus parlantes, des cartes par continent plus détaillées, des articles de presse publiés dans les médias locaux

– Le document magique : Comment se faire comprendre lorsqu’on fait du stop dans un pays où la langue est complètement différente de la sienne ? Cette question me fut notamment posée à de nombreuses reprises et notamment en arrivant en Asie. Mes premiers pas de stop en Indonésie furent particulièrement frustrants, les rares conducteurs s’arrêtant devant moi repartant de plus belle sans avoir compris l’objet de ma demande. C’est alors que m’est venue l’idée de créer mon premier « document magique ». Ce document plastifié traduisant le texte ci-dessous dans la langue locale et couplé au classeur photo et à la carte du monde plastifiée expliqués ci-dessus, fut un véritable sésame, une véritable langue notamment sur le continent Asiatique. Je le recommande à tout voyageur…

Document magique en Chine

« Bonjour, je m’appelle Ludovic. J’ai 28 ans. Je suis Français. Depuis le 1er janvier 2003, j’effectue le tour du monde en stop. Mon défi est de faire le tour du monde en stop (n’utilisant ni train, ni avion, ni bus, ni taxi). Je souhaite me rendre dans la direction de …..(destination). Allez-vous par hasard dans cette direction ? Si oui, est-il possible de me déposer dans une station essence un petit peu plus loin ? Merci beaucoup. Désolé, je ne parle que très peu le Mandarin. »

Quelques photos en situation ci-dessous :

Document magique en ChineDocument magique

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Ludovic Hubler

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